Le Bouquet de Cosqueville

La Demoiselle de Cherbourg est aussi le nom donné dans le Val de Saire pour désigner le Bouquet de Cosqueville. Certains disent que c’est un petit homard, mais le Bouquet s’apparente plus à une crevette rose (une fois cuit) et se rapproche du homard par le prix.


Chaque jour de l’année, David Roupsard se rend à la Pointe de la Loge et prend la mer à partir de la plage. Il est le seul pêcheur professionnel installé à Cosqueville dans la Manche pour la pêche du Bouquet.

Dans un premier temps, le jeune patron de pêche, David Roupsard, répète les gestes de ses aïeux en employant la technique de l’hale-bas pour récupérer son annexe. Il y charge alors son matériel lourd et encombrant et part ensuite vers son petit caseyeur de 8 m qui est à poste dans l’anse de la Pointe de la Loge. “L’hale-bas, c’est un système de va-et-vient de longs bouts qui me permet d’accéder à mon annexe qui ainsi est toujours à flot. Grain de sel, lui, est plus au large en sécurité. Ainsi, je ne suis pas tributaire des marées”, explique le patron qui est l’un des derniers professionnels sur la côte du Val-de-Saire à effectuer ce type de manœuvres pour monter sur le pont de son outil de travail. Ainsi, le “Grain de sel” prend la mer tous les jours, sauf en cas d’intempérie.

Pêche du Bouquet de Cosqueville

Le “Grain de sel”

David Roupsard emploie la technique du hale-bas, sorte d’enrouleur traditionnel pour regagner, à bord de son annexe, son caseyeur le “Grain de sel”, en arrière-plan.

Une fois à bord de son caseyeur le “Grain de sel”, David Roupsard part relever ses casiers positionnés non loin de la côte entre Gatteville-Phare et Fermanville. “J’ai forcément mes coins et je laisse place aussi à mon intuition et à mon expérience”.

Bouquet de Cosqueville

À chaque saison son trésor. De septembre à début janvier, place au Bouquet de Cosqueville. Bouquet en majuscule, car il a acquis lettre de noblesse. Pépite très locale, qui a fait les grandes heures de Cosqueville et qui a toujours autant la cote. Entre le bouquet et David, ce n’est pas loin d’être une histoire d’amour. “Le Bouquet de Cosqueville (type de crevette à ce trait de côte) a une histoire. C’est un produit d’une grande valeur que je respecte énormément. Je trie chaque brin pris dans les nasses. Et je remets les hors tailles systématiquement à la mer et celles qui ont mauvaise mine !”. Ce bouquet est toujours autant prisé par les consommateurs et les tables de nombre de restaurateurs. Il est acheté au gramme près, c’est un peu comme le safran côté terre.

Une fois la saison du bouquet passée, David Roupsard s’attaque à celle du homard et du tourteau à compter de mai jusqu’à septembre. “Mars et avril sont des périodes creuses. Les intempéries de lors de ces mois-là cette année font que la pêche est plus compliquée. Ils ont un peu disparu de la circulation, mais, je ne m’inquiète pas”.

La pêche, même professionnelle, doit faire œuvre de patience. Ce jeudi matin, David Roupsard a malgré tout débarqué quelques belles pièces qui sont déjà réservées. “Je travaille avec Sandrine Leroy de la poissonnerie de Saint-Pierre-Église, des restaurateurs et quelques ventes aux particuliers“.

Trentenaire, papa d’une petite fille, et marié à… une maraîchère, ce jeune patron a fait ses classes au lycée maritime et aquacole de Cherbourg-en-Cotentin et a usé ses cirés sur nombre d’unités de pêche de Saint-Vaast-la-Hougue et Barfleur. Fort de ses expériences et très attaché à un métier qui a également été pratiqué par des hommes de la famille, David Roupsard prolonge les gestes de la pêche côtière artisanale qui en son temps a fait les beaux jours du Val-de-Saire et continue de faire les siens. David Roupsard aime le métier.

Source : Ouest France

Le Grain de Sel 2

C’est dans la tradition que s’est déroulé le baptême du nouveau caseyeur “Grain de Sel 2” de David et Estelle Roupsard en septembre. Le couple a tenu à ce que le baptême de leur nouvel outil de travail se déroule là où David a fait le choix de partir chaque jour en mer pour relever ses casiers posés au large, entre Fermanville et Gatteville-Phare. Le 1er du nom ayant coulé le 30 juin 2020 au large de la pointe de Saire.